Avec plus de 3 millions de trottinettes électriques en circulation en France et près de 600 000 nouvelles unités vendues chaque année, la micromobilité s’est installée durablement dans les habitudes de déplacement. Mais derrière la praticité, une réalité s’impose : selon les chiffres de la Sécurité Routière, 80 personnes sont mortes sur une trottinette en 2025, soit 35 de plus qu’en 2024, et les accidents ont progressé de 58 % sur l’année. S’assurer n’est pas une option.
Une obligation légale que beaucoup ignorent encore
Dès lors qu’une trottinette électrique circule sur la voie publique, son conducteur doit obligatoirement souscrire une assurance responsabilité civile. Ce cadre s’applique à tous les engins motorisés classés EDPM (engin de déplacement personnel motorisé), quelle que soit leur vitesse. En cas de contrôle sans assurance, l’amende peut atteindre 3 750 €, avec confiscation possible de l’engin.
Une idée reçue circule pourtant : 36 % des Français pensent être automatiquement couverts via leur assurance habitation. C’est faux. La multirisque habitation ne couvre pas l’usage d’une trottinette électrique sur voie publique, les EDPM relevant d’un régime juridique distinct. Un contrat dédié est indispensable.
La question du bon contrat dépend aussi du modèle possédé. Pour choisir la bonne formule, encore faut-il savoir si son engin est bien éligible : les critères techniques, notamment la vitesse maximale (plafonnée à 25 km/h pour rester dans la catégorie EDPM), déterminent le type de couverture applicable. Une ressource utile sur l’assurance trottinette électrique permet de vérifier l’éligibilité de son modèle avant de comparer les offres.
RC seule ou tous risques : ce que couvre chaque formule
La responsabilité civile, c’est le minimum. Elle prend en charge les dommages causés à des tiers (un piéton renversé, un véhicule éraflé), mais elle ne couvre ni les blessures du conducteur, ni la dégradation de sa trottinette. Pour une protection plus complète, plusieurs garanties optionnelles existent : vol, dommages tous accidents, individuelle accident conducteur, ou encore assistance panne.
Côté tarifs, les formules de base démarrent autour de 5 à 8 € par mois. Une couverture intermédiaire avec garantie vol se situe entre 10 et 15 € mensuels, et un contrat tous risques grimpe à 18-30 € selon la valeur de l’engin. Pour les modèles à plus de 500 €, la garantie vol mérite une attention particulière : le vol représente le premier motif d’indemnisation dans cette gamme de prix.
Plusieurs facteurs font varier le tarif : la zone géographique (surprime à Paris, Lyon ou Marseille), l’âge du conducteur, l’usage déclaré (les livraisons professionnelles sont souvent exclues), et le montant de la franchise choisie. Jouer sur la franchise peut permettre d’économiser 15 à 20 % sur la prime annuelle.
La réglementation, elle, reste stable en 2026. Les règles posées depuis 2019 sont maintenues, avec l’âge minimum légal de 14 ans en vigueur depuis 2023. Choisir le bon contrat, adapté à son modèle et à son usage réel, reste la démarche la plus concrète pour rouler sereinement.

